Autoportrait

Le silence. J’aime lorsque nul ne parle, lorsque l’on entend le monde humain se mouvoir mais qu’ici on n’entend même pas la respiration de l’un ou la course folle du stylo de l’autre ; quand le temps semble s’être figé. Alors dans ces moments-là, j’observe, je regarde, j’assimile les attitudes ou les comportements différents de mes camarades. Quelques fois on entend des messes basses, ou encore un reniflement par ci et par là. Puis, lorsqu’il n’y a plus rien à écouter, ni à voir je me plonge dans mes transes, je repense à mes démons, à mes rêves, à un autre monde. Puis survient la sonnerie, longue et déchirante plainte qui annonce la fin de ce silence trop parfait. Puis je rentre réfléchissant dans quelle farine j’allais rouler mes parents, quelle bataille allait être déclenchée au cours du repas. Il y a du vent aujourd’hui et son souffle me rejette mes cheveux à demi-rasés. Je rentre dans le métro, lentement avec mes douleurs habituelles d’articulations de sédentaire. Puis je m’assois confortablement sur un strapontin d’allure douteuse et le ballottement des rames me berce. Je repense à ma vie et à tout mon passé. À mon prénom et ses origines, à ce prénom biblique qui est le résultat de l’addition du prénom de la mère et de la grand-mère de Jésus. Pour ma part, je ne l’aime pas car trop long il est difficile de trouver un diminutif. Puis je réfléchis à mes ancêtres qui proviennent de pays étrangers. Certains faisaient de l’absinthe et des petits gâteaux, d’autres tenaient de grandes imprimeries. Le son de l’alarme pour la fermeture des portes me réveille et le train continue son chemin. Je suis à Mabillon. Déjà ?! Comme le temps passe vite. Je me tiens réveillée afin de ne pas rater ma station qui est proche. Qui je suis ? Et oui après tout qui sommes-nous ? Question très philosophique et très complexe lorsque l’on y pense. Mais pour ma part je ne serai qu’une vis de plus à la machinerie de l’humanité, je ne serai qu’une pauvre fille qui comme tout le monde mourra un jour. Pour l’instant, je me lèverai à ma station et j’obéirai à mes parents comme tout enfant a le devoir.

Septembre 2018

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4 réflexions au sujet de « Autoportrait »

  1. Ce texte….n’est ni beau ni bon il est personnel, mais surtout, il est utile : en effet en le lisant par réflexe je me compare à toi et ça me permet de comprendre un point de vue différent du mien mais aussi mon propre point de vue sur la vie et ce qui m’entoure, si il y a bien un point sur lequel je suis particulièrement d’accord c’est que la pluparts d’entres nous ne seront que des vis dans la machine de l’humanité et qu’au final notre existence n’aura qu’un faible impact sur le reste, mais….pour ma part c’est ce qui fait ma force, ce monde est rempli à ras bord, beaucoups sont délaissés et oubliés, peu de personnes vont délibérément aider les autres, c’est cruel mais c’est ce qui me donne la force d’avancer, ma vie sera sans doute un grain de sable sur la plage de l’Histoire, mais c’est justement pour ça que je veux la vivre pleinement en allant toujours de l’avant afin d’un jour pouvoir m’éteindre en pensant « j’ai passé une vie de vis merveilleuse »
    Merci beaucoup pour ce texte

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